ROBINSON CRUSOE,
pour le lecteur d'aujourd'hui, c'est le mythe paradisiaque de l'île déserte, le rêve de tout Boy-Scout digne de ce nom qui trouve enfin l'occasion de se rebricoler tout un Univers. La tranquilité bien loin de toute civilisation dont il s'évertue pourtant à restaurer les grands principes.
En 1659 , échouer sur une île au large de la Trinité avait pourtant tout de l'enfer. Le moment le moins crédible du roman étant celui où Robinson est délivré près de vingt-huit ans après son naufrage. Des milliers de marins ont probablement connu son sort sans jamais être retrouvés et au fond, on n'a jamais entendu parler que de Alexander Selkirk, retrouvé dans le pacifique Sud au bout de quatre ans de solitude. Il était des îles loin de la route des navires, réputées pour être peuplées de tribus cannibales, où l'homme blanc ne s'aventurait pas.
Une (re)lecture attentive nous montre un Robinson désespéré, peu habile aux travaux manuels, pétri d'une religion proche de l'intégrisme. Cette Bande dessinée est muette jusqu'à la rencontre avec Vendredi. Les seuls philactères sont pour le chien qui fait ouah! ouah, les chèvres qui font mééé, le perroquet qui répète inlassablement "Pauvrre Rrobinson!" Et en hors-texte, de son écriture calligraphiée, l'homme instruit du 17e siècle consigne les travaux et les jours...
Ce travail est en gestation...